Mercredi 25 novembre 2009
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Luc Chatel, notre bon Ministre de l'Education, propose de supprimer l'histoire-géographie du programme obligatoire des terminales S. Le but en est clairement affiché. Les titulaires des bacs
scientifiques ont l'opportunité d'avoir des débouchés facilités dans toutes les branches de l'éducation (grandes écoles d'ingénieur, médecine mais aussi grandes écoles de commerce, khâgne voire
même le droit...) par rapport aux autres filières.
Mais, est ce vraiment la meilleure solution de minimiser ce décalage ?
Premièrement, il faudrait se poser la question sur le niveau des filières qui ne sont pas scientifiques. Leur programme est-il adapté ? Le niveau est il suffisant pour accéder aux postes les
plus importants ? Si, nous comprenons bien le raisonnement de notre ministre, le problème sera résolu en baissant le niveau des meilleurs et non pas en améliorant celui des autres..... Je ne suis
pas sûr que ce soit la meilleure solution pour l'avenir et le développement de notre nation.
Ensuite, les sciences ne permettent pas d'avoir une ouverture d'esprit suffisante pour analyser, comprendre et réfléchir sur toutes les situations. Je suis un pur produit de la filière
scientifique (Bac C, prépa, école d'ingénieurs...) et mes connaissances mathématiques nécessaires pour le bon accomplissement de ma fonction se limitent à la règle de trois et les
pourcentages...... (niveau 5ème au plus).... Donc, on pourrait conclure comme notre bon Ministre de l'Education que les programmes ne sont pas adaptés à la vie professionnelle. Mais, c'est
entièrement faux.... Le plus important dans l'accomplissement de ma mission est la capacité de réflexion, d'analyse et de synthèse permettant de proposer des actions adaptées à chaque situation.
Avec le recul, car je commence à prendre de l'âge, l'Education Nationale m'a apporté les atouts nécessaires grâce aux classes préparatoires, mais aussi grâce à la diversité des programmes
permettant l'acquisition de ce que nous nommons abusivement "culture générale". Les classes préparatoires sont un outil de formation phénoménal. Ce n'est pas ce que nous apprenons en mathématiques,
en physique ou en chimie (voire dans d'autres matières pour les autres prépa ou médecine....) qui est important, mais la manière d'aborder un problème, de proposer des solutions, de se rendre
compte rapidement que cette dernière est adéquate ou pas. Pour ces raisons, je remercie l'Education Nationale de m'avoir apporté ces réflexes. Mais, il ne faut pas oublier la culture générale. Face
à un imprévu, aussi bien dans la vie personnelle que dans notre vie professionnelle, la réflexion se base sur nos connaissances. Il est beaucoup plus facile d'analyser des situations par
analogie.... Et dans la vie, il n'existe pas que des problèmes scientifiques, bien au contraire.... L'histoire-géographie permet d'obtenir ce recul, au même titre que la littérature, la
philosophie.... Et il est dommage de s'en priver
Par ailleurs, il semblerait que les personnes qui ont le plus de facilité en sciences sont celles qui ont les meilleurs résultats dans les autres matières.... Je pense que cela s'explique
par plusieurs phénomènes. D'abord, pour arriver en bac S, il faut être travailleur et étudier un minimum. Par conséquent, ces élèves travaillent toutes les matières et ont donc de meilleurs
résultats. Par ailleurs, les jeunes allant dans les filières scientifiques sont d'un niveau social plus élevé. La culture générale provient en grande partie de l'éducation donnée par les parents :
curiosité, dialogue.... et il n'est donc pas étonnant dans ces circonstances que ces bacheliers aient plus de débouchés que les autres.
Enfin, il faut se poser la question du pourquoi de cette réforme. Déjà, moins les français auront de culture générale, plus il sera facile de leur faire avaler des couleuvres..... Si
nous n'apprenons pas l'histoire, nous serons incapable de nous rendre compte des aberrations de nos dirigeants.... Nous ne pourrons pas remettre en cause les discours de notre bon Président Nicolas
I qui affirme que son programme est dans la droite lignée de C.De Gaulle et J.Jaurès (il devrait peut être retourner à l'école et faire un bac S car ni l'un, ni l'autre n'étaient des
ultras-libéraux et ils avaient une certaine fierté à ce que notre nation soit indépendante à tous les niveaux et non pas être une colonie américaine politiquement, militairement et socialement...)
Et, il n'essaierai pas de nous faire croire qu'il est allé à Berlin le jour de la chute du mur et qu'il avait tout deviné

.
Cette perte de connaissance est désolante car un jour ou l'autre nous aurons l'effet boomerang, on oubliera aussi les catastrophes historiques et leurs causes. Et alors, que se passera-t-il ? Par
ailleurs, nos bons politiques sont tous des énarques donc très peu de scientifiques. Par contre, les patrons d'entreprise ne proviennent pas de la même filière. Ne serait-ce pas qu'un combat
d'influence ? Mais là, ne nous trompons pas de débât. Ce ne sont pas ces luttes de caste qui permettrons une meilleure politique mais plutôt d'adapter nos programmes scolaires à la vie industrielle
(et cela comporte obligatoirement une capacité de réflexion provenant de la culture générale, donc de l'histoire-géographie).
En conclusion, je considère que supprimer l'histoire-géographie des bacs scientifiques est aussi idiot que de supprimer les mathématiques en filière littéraire (essayez de faire vos courses
sans savoir compter....). Il faut un minimum de culture générale pour obtenir un diplôme tel que le baccalauréat. Sinon, à force de simplifier les programmes, un jour les mathématiques et la
physique ne seront plus au programme des filières scientifiques. Nous aurons alors le niveau idéal pour nous manipuler : celui des ânes.......
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